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Unknown La Vie Est Une Puck

Publié le 30 mars 2021

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Trêve de hockey #103 - George Eaton

Dimanche, au Grand Prix du Bahreïn de 2021, le premier de la saison, on y a vu Nikita Mazepin, un pilote russe, faire ses débuts avec Haas, une écurie de fond de grille. Ces débuts furent pour le moins décevant, puisqu’il n’est pas parvenu à compléter un seul tour, faisant une sortie de piste presque immédiatement.

Laissons la chance au coureur. Peut-être que Mazepin pourra éventuellement faire preuve de son talent. Il est toutefois intéressant de noter que l’an dernier, Mazepin n’a terminé que cinquième en F2. Si le champion, Mick Schumacher (le fils de l’autre) a aussi gradué en F1, étant maintenant le coéquipier de Mazepin chez Haas, ce ne sont pas tous les pilotes devant lui qui obtinrent un volant permanent en F1.

Pour se rendre à ce niveau, il faut évidemment un certain de talent, mais ce n’est pas toujours nécessairement ce qui départage les pilotes. Les budgets sont astronomiques et l’argent peut avoir son mot à dire, surtout si papa en a. Vous ne serez donc probablement pas surpris d’apprendre que le père de Mazepin est l’actionnaire principal d’Uralchem, le plus important producteur d’engrais de Russie. Cette dernière possède 20% d’Uralkali, le plus grand producteur de potasse au monde et qui est devenu cette année… le principal commanditaire de Haas.

Mazepin n’est pas le premier à bénéficier des ressources du paternel pour se hisser au plus haut niveau de compétition. On peut penser au canadien Nicholas Latifi, pilote chez Williams. L’équipe est entre autres commanditée par Sofina Foods (Janes, Mastro, distributeur de Lavazza et Rio Mare), l’entreprise de son paternel. À une certaine époque, on retrouvait Hiro Matsushita en Champ Car. Sur ses voitures, on retrouvait bien sûr Panasonic, la marque appartenant à la compagnie qui porte son nom et qui a été fondé par son grand-père. (J’hésite à inclure Lance Stroll dans cette liste puisque, bien que son père soit riche à craquer, il a tout de même obtenu jusqu’à maintenant trois podiums en Formule 1 et ce, avec des voitures ne faisant pas toujours partie de l’élite. Ce n’est tout de même pas à la portée de tous.)

Avant eux, le Canada a aussi eu un autre pilote avec un nom familier : George Eaton.

George est l’arrière-petit-fils de Timothy, qui a fondé en 1869 la chaîne de magasin qui, à une certaine époque, dominait le marché canadien. Son père, John David, a été président de l’entreprise familiale de 1942 (trois ans avant sa naissance) à 1973. Mais pendant que son père dirigeait cette bannière bien en vue, George avait un autre intérêt : la course automobile.

En 1966, il s’acheta une Shelby Cobra, qu’il n’a pas trouvé dans le catalogue de l’entreprise dirigée par son père, pour participer à des courses. L’année suivante, il se porte acquéreur d’une McLaren pour participer à la série Canam.

En 1968, il termina onzième dans ce championnat, au sein d’une écurie qui portait son nom. Il est parvenu à terminer troisième à Laguna Seca dans des conditions pluvieuses.

L’année suivante, il se hisse au cinquième échelon, en plus de participer au championnat de Formule A, où il remporte l’épreuve du Mont-Tremblant. Ceci lui permit de louer une BRM pour les Grands Prix de F1 des États-Unis et du Mexique. Toutefois, dans les deux cas, il se qualifia dernier et il ne parvint pas à terminer ces courses.


Il réussit malgré tout à conserver ce volant chez BRM pour 1970. Devenant le premier canadien à devenir pilote de F1 à temps, il disputa 10 des 13 courses. Son meilleur résultat fut obtenu au Grand Prix du Canada, disputé au Mont-Tremblant cette année-là, avec une dixième place. Il disputa également la saison de la série Canam, où il ne marqua des points qu’à une seule reprise, une troisième place, dans la seule piste qui semblait lui sourire un peu, encore une fois le Mont-Tremblant.

Suite à cette saison décevante, il revint en 1971 pour disputer quatre courses USAC (l’ancêtre du Champ Car) et le Grand Prix du Canada (disputé cette fois à Mosport). Son meilleur classement fut alors une neuvième place à Milwaukee.

Il tenta aussi sa chance du côté des courses d’endurance, en plus d’essayer (sans succès de se qualifier pour le Indy 500 de 1972.

Il prit ensuite sa retraite de la course, pour entrer au service de l’entreprise familiale. Il fut vice-président de 1975 à 1991, avant d’en prendre la tête.  Par contre, sa présidence ne parvint pas à freiner le déclin de l’entreprise, déjà entamé et où les mauvaises décisions se sont accumulées.

En 1997, il dut céder sa place à quelqu'un qui ne faisait pas partie de la famille.

L’entreprise fit faillite en 1999. Sears tenta de ressusciter la marque, mais l’expérience cessa en 2002.

Il siégea alors sur différents conseils d’administration d’entreprises, en plus de se consacrer à des œuvres de charité et philanthropiques. Il fait toujours partie du conseil d’administration de la Fondation de l’Hôpital général de Toronto.

Celui qui a dans sa jeunesse aussi été promoteur de concerts rock fait aujourd’hui partie du Temple de la renommée des sports motorisés du Canada.

Sources :

"12 novembre : Anniversaire de George Eaton, pilote canadien qui a couru en F1 avec BRM" de René Fagnan, 12 novembre 2020, Pole Position (poleposition.ca),

cmhf.ca, f1forgottendrivers.com, statsf1.com, tgwhf.ca, wikipedia.org.


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