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Unknown La Vie Est Une Puck

Publié le 30 juillet 2021

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Quand Trevor Timmins magasine les aubaines


Ces jours-ci, il est difficile de passer à côté de la controverse reliée à la sélection de Logan Mailloux par les Canadiens. Au-delà du débat au sujet de la pertinence de le repêcher ou pas, d’attendre à l’an prochain comme Mailloux l’a lui-même demandé, de le prendre en première ronde ou de retarder sa sélectionner à une ronde subséquente, on peut se demander où aurait pu se situer Mailloux dans le classement de la centrale de la LNH, ayant été établi 23e patineur nord-américain malgré les événements qu’on connaît.

On peut par contre y voir l’expression d’une tendance depuis l’arrivée de Trevor Timmins dans l’équipe de dépisteurs. Il semble aimer prendre une chance avec des joueurs qui ont un défaut, pour ainsi pouvoir les choisir à un rang plus tardif qu’ils auraient pu l’être, et ainsi réaliser un coup de circuit. En voici quelques exemples. Les résultats sont très variables.

Andreï Kostitsyn

Au repêchage de 2003, plusieurs voyaient Andreï Kostitsyn comme étant l’un des joueurs des plus doués de la séance. Après sa sélection au 10e rang, derrière entre autres Marc-André Fleury, Eric Staal et Ryan Suter, Timmins alla même jusqu’à le qualifier comme étant le plus talentueux du groupe. Par contre, des problèmes d’épilepsie auraient refroidi les autres équipes.

La suite des événements a donné raison à Timmins sur ce point. L’épilepsie n’a pas nui à sa carrière. Par contre, c’est plutôt une attitude énigmatique, en plus d’un penchant pour la vie nocturne qui l’ont empêché de réaliser son plein potentiel. En quittant pour la KHL en 2012, il a limité sa carrière dans la LNH à 398 matchs.

Tout de suite après lui, les Flyers ont choisi Jeff Carter. Au 13e rang, on retrouve Dustin Brown, au 14e Brent Seabrook et au 19e Ryan Getzlaf, clairement de meilleures alternatives à Kostitsyn.



Danny Kristo

Dans le cas de Danny Kristo, ce n’est pas vraiment un cas où Timmins a choisi de la "marchandise endommagée" (excusez l’expression) à rabais, mais plutôt une situation où la "marchandise" s’est endommagée elle-même, une fois repêchée. Peu importe, j’avais envie de l’inclure quand même.

Sur le campus de l’Université du Dakota du Nord, le choix de deuxième ronde (56e au total) de 2008 eut l’idée d’aller visiter une amie en souliers, sans bas. Enfonçant dans la neige, il perdit une chaussure qu’il ne retrouva pas.

Une fois arrivé à destination, il se rendit compte que quelque chose n’allait pas. On le conduisit à l’hôpital, où on parvint, malgré l’engelure, à lui éviter l’amputation d’un orteil. Il assura toutefois que son aventure n’avait rien à voir avec la consommation d’alcool.

Il ne disputa que 9 matchs avec les Bulldogs de Hamilton, avant d’être échangé aux Rangers. Il ne joua toutefois jamais dans la LNH. Il passa quatre autres années dans Ligue américaine, avant d’aller dans la KHL, en Suède, en Suisse et en Allemagne.

Brendan Gallagher

À l’encan de 2010, il y avait un petit joueur talentueux, mais surtout hargneux, qui jouait avec les Giants de Vancouver. Intéressant, mais comment allait-il pouvoir conserver le même style de jeu dans la LNH, avec des adversaires au gabarit encore plus imposant?

Plusieurs passèrent leur tour. De leur côté, les Canadiens risquèrent un petit choix de 5e ronde (147e au total) sur lui. Depuis, Brendan Gallagher est devenu le cœur de l’équipe et ce, sans changer son style.

Nathan Beaulieu

En 2011, les Sea Dogs de St-John avaient remporté la Coupe Memorial, suite à une saison extraordinaire. Nathan Beaulieu devait sortir dans les 10 premiers, derrière son coéquipier, Jonathan Huberdeau. Ce dernier a été choisi 3e, mais par la suite, le nom de Beaulieu s’est fait attendre. C’est finalement au 17e rang que les Canadiens l’ont réclamé.

Par contre, celui qui a déjà eu "N8THEgrr8" comme identifiant sur twitter n’était pas reconnu pour sa modestie ou pour son sérieux.

En 2013, suite à une soirée bien arrosée chez des connaissances, il s’est mis à briser les biens de leur hôte. La situation a dégénéré en bataille, ce qui lui a valu, ainsi qu’à son père, une arrestation. Le paternel, entraîneur-chef du Sting de Sarnia de la Ligue de l’Ontario, a ensuite été congédié.

À Montréal, les résultats se sont fait attendre et Nathan a finalement été échangé en juin 2017 aux Sabres de Buffalo en retour d’un choix de 3e ronde.

Il appartient maintenant aux Jets de Winnipeg.

Alex Galchenyuk

Il semblait y avoir en 2012 un certain consensus autour de Nail Yakupov comme premier choix. Toutefois, son coéquipier chez le Sting de Sarnia, Alex Galchenyuk, avait un talent certain. Par contre, il n’avait pas pu se faire justice, n’ayant joué que 2 matchs l’année précédente, suite à une opération au genou. Choisissant 3e, Montréal en fit tout de même sa sélection.

En bout de ligne, Timmins eut jusqu’à un certain point raison. Yakupov ne joua que six ans dans la Ligue nationale avant de se retrouver dans la KHL. Dans une cuvée assez faible, Galchenyuk s’avéra l’un des plus talentueux (derrière Morgan Rielly 5e, Filip Forsberg 11e et Tomas Hertl 17e).

Mais bien qu’il ait réussi une saison de 30 buts en 2015-16, il demeure qu’il est imprévisible et a de sérieuses lacunes défensives. Depuis son départ de Montréal, il a appartenu à six équipes en trois ans et n’a pas encore de contrat pour l’an prochain.

Nikita Scherbak

Lors de la séance de 2014, les athlètes russes n’avaient pas la cote. La KHL prenait du galon et offrait de plus en plus des salaires compétitifs. Pour les russes, demeurer ou retourner à la maison devenaient des alternatives de plus en plus valables.

Rare élément positif dans une équipe faible à Saskatoon, Nikita Scherbak attira l’attention. Il claironna également que s’il était venu dans la WHL, c’est parce que son but était de jouer dans la LNH, pas dans la KHL.

C’est finalement au 26e rang que Scherbak, le premier russe de la soirée, entendit son nom. Trevor Timmins affirma à ce moment que sa sélection pourrait bien être un coup de circuit.

Scherbak finit tout de même par rejoindre la KHL, mais ce fut plutôt par dépit. Après 29 matchs avec les Canadiens et 8 avec les Kings et des séjours dans Ligue américaine, il se retrouva à court d’options en Amérique du Nord.

Il est toutefois revenu dans la Ligue américaine en 2020-21, avec les Stars du Texas. Nous verrons s’il parviendra à revenir dans la LNH.

Cole Caufield

Désavantagé par une cuvée 2019 avec de la profondeur, l’indéniable talent offensif de Cole Caufield ne lui a pas suffi pour surmonter l’obstacle de sa petite taille. C’est ce qui explique qu’il était toujours disponible au 15e rang pour être choisi par les Canadiens.

Si ce que nous avons vu ce printemps est annonciateur de l’avenir, il pourrait devenir un vol.

D’ici quelques années, nous devrions savoir si Mailloux se compare à Kostitsyn ou Beaulieu, ou si le pari plutôt culotté de Timmins paiera et qu’il est plus près de Gallagher ou Caufield.

Sources :

"L’espoir venu de l’est" de Mathias Brunet, 22 juin 2003, La Presse, page S1,

"Je n’étais pas saoul" de Marc-Antoine Godin, 19 mars 2011, La Presse, page S8,

"Le Canadien met le grappin sur Nathan Beaulieu" de Marc-André Godin, 25 juin 2011, La Presse, page S2,

"Effacer un surnom" de Jean-François Chaumont, 12 octobre 2012, Journal de Montréal (journaldemontreal.com),

"Jacques Beaulieu a été congédié par le Sting de Sarnia", Agence QMI, 30 mai 2013, Journal de Montréal (journaldemontreal.com),

"Nathan Beaulieu et son père Jacques en probation pendant neuf mois" de Jane Sins, Agence QMI, 14 août 2013, Journal de Montréal (journaldemontreal.com),

"Ce sera peut-être un coup de circuit" de Gabriel Béland, 28 juin 2014, La Presse, page S2,

"Dans une cuvée moins forte comme cette année, il aurait sorti dans le top-5" d’Éric Leblanc, 2 juillet 2021, RDS (rds.ca).

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