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Raysheppard La Vie Est Une Puck

Publié le 12 octobre 2021

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Les équipes de la ECHL - 3e partie

 

 

Continuons d'emblée avec la suite de la grande INTÉGRALE de toutes les équipes de l'histoire de la ECHL depuis ses débuts en 1988. Et quand je parle d'INTÉGRALE c'est vraiment L'INTÉGRALE alors que j'inclus chaque incarnation de chaque franchise soit chaque changement de nom, déménagement, fusion, suspension, expansion etc... Ce qui fait en sorte que j'ai presque une centaine de ces équipes à décortiquer et à trouver quelque chose d'intéressant à vous raconter... une tâche parfois assez ardue d'ailleurs.

Allons-y donc...sd

Si vous avez raté le début, cliquez ici pour la 1re et ici pour la 2e partie.

 

19. Cherokees de Knoxville (1988-1996)

Un des 5 clubs fondateurs de la ECHL, les Cherokees de Knoxville étaient la première équipe professionnelle de hockey dans cette ville du Tennessee depuis les Knights de Knoxville dans l'ancienne EHL de 1961 à 1968. La franchise, dotée d'un des plus petits arénas de la ligue, réussit de peine et de misère à survivre dans la ECHL mais a perduré tout de même durant un vénérable 9 saisons.

Un des joueurs à s'y être fait un nom fut Stan Drulia. Vous vous souvenez de Stan Drulia? Il mena la ligue en 1990-91 avec un impressionnant 63 buts en 64 matchs et 140 points, ce qui lui permit de graduer dans la AHL et ensuite d'être signé par le Lightning pour leur saison inaugurale en 92-93. Il demeura dans le système du Lightning durant la majorité de la décennie avant de parvenir à revenir avec le grand club pour les saisons 1999-00 et 2000-01.
 
Aussi, Manon Rhéaume y joua 4 matchs en 1993-94, également durant son séjour dans le système du Lightning.



20. Pee Dee Pride (1997-2003, 2004-2005)

Les Cherokees déménagèrent ensuite dans la ville de Florence en Caroline du Sud pour la saison 1997-98 et se renommèrent sous le surnom du «Pee Dee Pride». Pee Dee étant une région de cet état, nommée à partir d'une tribu amérindienne. 

Comme les Cherokees, il n'y a pas grand chose d'extraordinaire à raconter sur ce club, exceptée la présence de l'ancien des Saguenéens Allan Sirois dans ses rangs durant la majorité de son histoire. Avec 594 points en 687 matchs (9e de l'histoire), Sirois est un des meilleurs joueurs de l'histoire de la ECHL, étant élu au temple de la renommée de cette ligue en 2016. Vous le voyez sur la photo en compagnie de Jack Capuano, futur entraîneur des Islanders.

Sirois ne put pourtant pas assurer la survie du Pride, qui passa d'une moyenne de plus de 5000 personnes par match à ses débuts à seulement 2500 durant ses dernières années. La franchise cessa ses activités après la saison 2004-05. 


21. Florence Pride (2003-2004)

J'ai bien dis que j'incluais chaque changement de nom... aussi insignifiant et inutile soit-il. C'est le cas du Pride qui adopta cette «New attitude» en 2003-04 lorsqu'il changea de dénominatif géographique pour  s'appeler le Pride de Florence... Même pas de changement de logo ou rien.

Le «Florence Pride» connut sa pire saison en terme de points et de moyenne au guichet et revint sous le nom du Pee Dee Pride en 2004-05. Ça ne changea pas grand chose et le club ferma boutique après un an sous la deuxième version de ce nom...


22. Monarchs de Greensboro (1989-1995)


Si à présent dans la série on a parlé de beaucoup d'équipes fiasco ou peu mémorables, il faut aussi se concentrer sur les succès de la ECHL et lors des premières années de la ligue, ces succès étaient particulièrement concentrés dans l'état de la Caroline du Nord, un signe avant-coureur des choses à venir dans cette région pour le hockey professionnel...

Les Monarchs de Greensboro sont un bon exemple de ces histoires de succès et ce dès leur première saison en 1989-90 où ils remportèrent le championnat de la coupe Riley contre leur rivaux du même état, les Thunderbirds de Winston-Salem (voir première partie). C'est d'ailleurs le futur gardien de la LNH Wade Flaherty qui fut nommé joueur le plus utile pour les Monarchs durant ces séries.

Les Monarchs furent donc un succès sur la glace et au guichet, s'attirant de nombreux spectateurs (moyenne de 6000) qui appréciaient ces rivalités et nombreuses bagarres lors des matchs contre les Thunderbirds et autres équipes de leurs états voisins du sud. Leur aréna, le Greensboro Coliseum, fut agrandi en 1995 jusqu'à pouvoir accueillir 21,000 spectateurs, soit un aréna de classe LNH. Ces succès attirèrent inévitablement l'attention des niveaux supérieurs, la AHL et éventuellement la LNH.

Un match typique des Monarchs

Les proprios des Monarchs sautèrent sur l'occasion et obtinrent une franchise d'expansion dans la AHL qu'ils nommèrent les Monarchs de la Caroline. La AHL tentait alors un retour dans le sud, n'ayant pas tenté de s'y installer depuis quelques équipes éphémères en Floride dans les années 70. Les proprios des Monarchs croyaient spécialement que les fans allaient apprécier le calibre de jeu supérieur et le jeu plus propre de la AHL. 

Cependant ce n'était pas le cas. Les nouveaux «Monarchs» version AHL attirèrent 2000 fans de moins en moyenne que ceux de la ECHL. Ces fans n'apprécièrent pas vraiment le niveau de jeu plus clean et s'ennuyaient des bagarres plus nombreuses alors que la AHL avait une moyenne de minutes de pénalités par match de 23 minutes comparé aux 39 minutes de la ECHL. Les rivalités sudistes étaient aussi disparues alors que le plus proche adversaire des Monarchs était désormais Baltimore au Maryland soit à quelques 6 heures de route. Cela causa également davantage de frais de transport à l'équipe...

De plus, la ECHL n'étant par encore totalement considérée comme ligue de développement, les fans s'attachaient à leurs joueurs, qui pouvaient rester en place de nombreuses saisons. Les joueurs de la AHL, leur étant d'abord étrangers, leur paraissaient frileux et peu enclin à se blesser ou vouloir demeurer à Greensboro, attendant davantage un appel de la LNH que leur anciens combattants de la ECHL.

Bref l'expérience AHL ne fut pas un succès pour les Monarchs mais leurs proprios s'en sortirent finalement assez bien puisqu'au même moment, les Whalers de Hartford étaient sur leur départ du Connecticut et élurent leur destinée sur la ville de Raleigh en Caroline du Nord, site d'une autre équipe victorieuse de la ECHL (qu'on reverra plus tard) qui prouva que ce marché était viable pour la LNH. Toutefois, le nouvel aréna de Raleigh n'allait pas être prêt avant la saison 1999-2000 et donc les nouveaux Hurricanes de la Caroline optèrent de jouer leurs deux premières saisons dans l'énorme aréna de Greensboro. 

Cependant, les Monarchs détenaient la priorité sur l'aréna et refusèrent de quitter sans compensation. Les Hurricanes durent donc débourser 350,000$ pour assurer le départ des Monarchs qui déménagèrent à New Haven pour la saison 1997-98.

Le Greensboro Coliseum, domicile temporaire des Hurricanes de 1997 à 1999

Concernant l'ancienne incarnation des Monarchs dans la ECHL, cette franchise fut simplement dissoute en 1995, sans transfert dans une autre ville. 

Lors du départ des Hurricanes à Raleigh en 1999, une nouvelle franchise de la ECHL élut domicile à Greensboro, les Generals, mais ça on le verra aussi dans une autre partie...


23. Admirals d'Hampton Roads (1989-2000)

Un autre histoire de succès dans la ECHL avec les Admirals d'Hampton Roads, la meilleur équipe de la première décennie de la ligue avec trois championnats (1991, 1992 et 1998). 

En fait, le succès des Admirals est aussi un parallèle du succès de cette nouvelle ligue qui prospéra rapidement et s'éloigna de plus en plus de ses racines obscures et broche à foin dans les ACHL et SHL discutées auparavant

Les Admirals furent créés lorsqu'un exécutif du baseball majeur du nom de Blake Cullen décida de tenter sa chance dans un autre sport. Il lorgna du côté de cette nouvelle ECHL en organisant d'abord un match d'exhibition à Norfolk en Virginie entre les Thunderbirds de la Caroline et les Lancers de Virginie durant la première saison d'existence de la ECHL. Le match attira plus de 5000 fans et aux vues de ce succès, le commissaire Pat Kelly offrit à Cullen d'implanter une franchise d'expansion à Norfolk sans avoir de débourser de frais d'entrée. Cependant d'autres hommes d'affaires flairant l'occasion présentée par ce match, offrirent 25,000$ à Kelly pour avoir les droits territoriaux sur cette région nommée «Hampton Roads». Kelly voulait toutefois garder sa parole envers Cullen et lui offrit d'égaler l'offre et d'avoir ainsi la première option sur ce marché.

Les Admirals furent donc fondés et allaient occuper ce riche et populeux marché d'Hampton Roads (1.7 million d'habitants dans l'agglomération). Ils devinrent la franchise phare de la ECHL, établissant de nouveaux standards dans cette jeune ligue où les assistances, autrefois considérées bonnes à 2000 personnes par match, allaient désormais décupler et rien en bas de 3000 ne deviendra acceptable, ce qui mena éventuellement à la position que la ECHL occupe désormais.

Les Admirals champions de la coupe Kelly de 1998

Comme les Admirals étaient la plus riche et plus prédominante des équipes de la ECHL, ils se permirent un grand coup au niveau de leur entraîneur en chef avec le légendaire John Brophy, joueur-entraineur de longue dates dans l'ancienne EHL dans les années 50 à 70 et ensuite entraîneur dans plusieurs ligues dont 5 ans avec les Maple Leafs durant les années 80. Brophy fut en place à Hampton Roads durant l'entièreté de cette franchise dans la ECHL, menant l'équipe à ce record de 3 championnats, un fait seulement égalé par deux autres clubs, et ne ratant jamais les séries. 

Au niveau du développement, le club fut particulièrement efficace dans le développement des gardiens dont Steve Valiquette, Patrick Lalime, Olaf Kolzig et Byron Dafoe. Dave Morissette y a également joué une centaine de match au début de la décennie.

Cependant, un tel succès ne pouvait qu'attirer de plus grandes aspirations. Les nouveaux proprios de l'équipe obtinrent une franchise d'expansion dans la AHL pour la saison 2000-01. Ils gardèrent le nom Admirals mais cette fois-ci sous le nom des Admirals de Norfolk. Pendant ce temps, la franchise ECHL des Admirals fut mise sur la glace.

Un fait cocasse avec les Admirals version AHL survint en 2001-02 lorsque les Admirals de Milwaukee migrèrent également dans la AHL après la dissolution de la IHL, ce qui donna deux clubs sous ce nom durant quelques années. Les Admirals (de Norfolk) remportèrent la coupe Calder en 2012.

Lors du remaniement d'équipes effectué en 2015 lors de la création d'une division californienne de la AHL, on assista à un autre de ces «échanges de marché» lorsque les Admirals retournèrent dans la ECHL tandis que les Condors de Bakersfield furent promus dans la AHL. Les anciens joueurs des Admirals devirent donc des Condors et vice-versa. On reviendra à ces Admirals 2.0 dans une autre partie. Pour l'instant, passons à ce que devint l'ancienne franchise ECHL des Admirals après la création des Admirals AHL...

Pourquoi c'est toujours aussi compliqué...


24. Cottonmouths de Columbus (2001-2004)


Après ce passé glorieux, la franchise des Admirals fut donc suspendue après la saison 99-00 pendant que la nouvelle équipe faisait ses débuts dans la AHL.

Durant ce temps dans la Central Hockey League existait la franchise des Cottonmouths de Columbus, en Géorgie et non pas le Columbus en Ohio que vous connaissez. Les Cottonmouths furent créés en 1996 et remportèrent 1 fois le championnat de la CHL en 1998. La CHL fusionna avec la WPHL en 2001, laissant des franchises derrière, ce qui enleva des rivaux géographiques aux Cottonmouths qui appliquèrent pour faire leur entrée dans la ECHL à la place. Leurs dirigeants achetèrent donc la franchise dormante des Admirals et la ramenèrent donc sous le nom des Cottonmouths pour la saison 2001-02.

Contrairement aux anciens Admirals, les Cottonmouths n'étaient pas très bons, ratant les séries durant les 3 seules saisons d'existence de la franchise dans la ECHL. Après la saison 2003-04, les proprios désiraient déménager la franchise à Sarasota en Floride et la renommer sous le nom des «Golf Coast Swords». Mais plusieurs empêchements financiers empêchèrent la franchise d'opérer et la ECHL révoqua la licence de l'équipe en 2006 après 2 ans d'inactivité.

Durant ce temps, une nouvelle incarnation des Cottonmouths débuta ses activités dans la SPHL et ce jusqu'en 2017.

25. Knights de Nashville (1989-1996)

Bien avant l'arrivée des Predators de Nashville en 1998, il y eut de nombreuses tentative d'implanter le hockey professionnel dans cette ville du Tennessee et ce dans de nombreuses ancêtres de la ECHL discutées auparavant dont la EHL, CHL et ACHL. C'était désormais au tour de la ECHL en 1989 avec l'arrivée des Knights et leurs splendides chandails des Oilers à reflets métalliques avec une patch des Knights par dessus...

Comme les Admirals discutés plus haut, les Knights de Nashville furent également un succès à leurs débuts, attirant même un record d'assistance lors de leurs premières saisons. Ce fut toutefois plus éphémère et les assistances déclinèrent graduellement. Cela était toutefois causé en partie par les rumeurs incessantes concernant une nouvelle équipe de la LNH à Nashville, spécialement à partir de 1995 lorsque les Devils passèrent bien près d'y déménager avant leur conquête de la coupe. Nashville fut ensuite choisie en 1997 comme ville d'expansion pour la saison 1998-99. Durant ce temps, les Knights continuèrent de battre de l'aile au guichet malgré qu'ils demeurèrent compétitif. 

Peu avant l'arrivée des Predators, les proprios des Knights décidèrent de déménager la franchise en Floride pour la saison 1996-97.

C'est également à Nashville qu'on vit la meilleure saison offensive pour un joueur des ligues mineures lors de la saison 92-93 de l'attaquant nomade légendaire Trevor Jobe. Ce dernier obtint des records toujours valides de 85 buts et 76 passes pour 161 points, des records offensifs non seulement dans la ECHL mais dans l'ensemble des principales ligues mineures...
 

26. Pensacola Ice Pilots (1996-2008)

Les Knights déménagèrent donc à Pensacola, ville de l'extrémité nord-ouest de la Floride, sous le nom des Ice Pilots de Pensacola.
 
Regardez-moi ce chandail. Est-ce que ça ne vous évoque pas quelque chose de familier? Au départ j'avais seulement vu le logo et le graphiste en moi avait immédiatement reconnu les mêmes polices d'écriture que les défunts Rafales de Québec de la IHL. Ensuite j'ai vu l'uniforme également pareil à celui des Rafales et je me suis dit «Ah bon ils ont juste copié les Rafales», mais c'était avant de me rappeler que les Rafales ont débuté en même temps que ces Ice Pilots soit à la saison 1996-97.
 
Donc comment se fait-il que deux équipes de deux marchés totalement différents débutent en même temps avec le même look? Et bien oui, les deux équipes avaient les mêmes propriétaires, David Berkman et Richard Adler. Pendant que les Knights en étaient à leurs derniers milles à Nashville, leur autre club à Atlanta dans la IHL, également nommé les Knights, était en impasse avec leur bail au vieil Omni d'Atlanta, ancien aréna des Flames, qui allait être bientôt détruit. En plus on allait bientôt faire de la place pour les Thrashers en 1999 donc il fallait trouver d'autres options pour les Knights d'Atlanta en plus de ceux de Nashville. Au même moment, la ville de Québec espérait remplir le vide laissé par le départ des Nordiques et donc on vit naitre l'éphémère franchise des Rafales dans ces couleurs un peu criardes...
 
Mais contrairement aux Rafales, les Ice Pilots durèrent une décennie de plus tandis que la franchise des Rafales fut dissoute en 1998. Berkman, qui rêvait d'acquérir une franchise dans la LNH dut donc se concentrer sur la ECHL et posséda même 3 franchises en même temps alors qu'il opérait les Ice Pilots, les Lizard Kings de Jacksonville et les Bulls de Birmingham. Il abandonna toutefois son rêve en 2003 et n'a jamais eu de clubs de hockey depuis. Il vendit les Ice Pilots en 2003 à l'ancienne légende des Flyers, Tim Kerr.

Les Ice Pilots ont connu quelques bons moments à leurs débuts, perdant  en finale de la coupe Kelly de 1998 contre les Admirals. Leurs performances et assistances chutèrent toutefois rapidement et même malgré une saison de retour au sommet de la ligue pour les points en 2004-05, ils continuèrent d'être parmi les pires au guichet. La franchise fut dissoute après la saison 2007-08.

Parmi les éternels des Ice Pilots on retrouve des noms tels que l'ancien du Canadien Raitis Ivanans, Patrick Bordeleau, Brent Gretzky (également un Rafale l'espace d'un match comme coup de pub) et surtout Glen Metropolit qui avait fait ses débuts chez les pros à Nashville, Pensacola et aussi Québec.
 
En 2009-2010, l'ancien proprio des Ice Pilots Tim Kerr débuta une nouvelle franchise dans la SPHL à Pensacola du nom des Ice...Flyers. Ça ne s'invente pas...



Bon je crois en avoir fini pour cette partie où on avait pas mal de bon stock. Gardons-nous des forces pour la 4e...
 

Sources:
Fun while it lasted
ECHL HAT TRICK LAUNCHED IN NORFOLK, Daily Press, 14 février 1990

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